" Les femmes savantes " de Molière, mise en scène: Gisèle Sallin, Centre Dramatique Fribourgeois, Suisse

 

Pour cette version des Femmes Savantes, je situe l'action dans un hôtel de maitre Parisien du XVIIième avec ses nombreuses pièces, et ses couloirs

pour aller d'une pièce à l'autre, avec également un grand jardin intérieur.

J'ai choisi, pour évoquer cela, l'élément qui me paraissait le plus marquant de l'architecture intérieure de ce type d'habitation bourgeoise:

les murs constitués de panneaux moulurés.

 J'ai proposé une scénographie qui n'est constituée que de trois grands murs  lambrissés qui peuvent pivoter sur un axe à l'une de leurs extrémités .

Et ce sont ces trois murs qui vont simuler la multitude de lieux dans lesquels les personnages vont se rencontrer.

Ce sont eux qui, en pivotant lentement à vue, mettront les personnages en présence. Ils seront un des moteurs de la déambulation dans cet espace à géométrie variable.

Les panneaux de ces murs peuvent également, selon les besoins devenir des fenêtres, qui laissent découvrir le jardin, ou d'autres personnages passant dans les couloirs.

Mais l'époque (le XVIIième) n'est qu'un point de départ. Molière, avec cette pièce, a attiré l'attention (en s'en moquant quelque peu) sur un phénomène de mode de son temps:

les femmes qui veulent devenir "savantes".  Processus d'émancipation culturelle de la femme qui n'a jamais cessé jusqu'à nos jours.

J'ai donc réalisé ces lambris avec un matériau actuel: l'aluminium. La forme est XVIIème, la matière est moderne. 


Un des lieux importants du texte de Molière est la bibliothèque  qui est "le cabinet de travail" des femmes savantes.

A coté des livres, on met traditionnellement divers instruments scientifiques dont une lunette astronomique. Tous ces accessoires n'ont généralement pas l'occasion

d'être d'utilisés dans le jeu. Ils sont redondants par rapport au texte et plutôt encombrants.

On a eu l'idée, Gisèle et moi, pour suggérer cette recherche artistique et scientifique, d'une galerie de portraits de femmes célèbres, choisies tous azimuts, et du XVIIème à nos jours.

Ces portraits sont esquissés sur les murs, ils ont l'air de vouloir en sortir, fantômes de la pensée.

Philaminthe, Armande et Bélise peuvent y faire référence quand elles parlent de leurs "rêves d' Académie".


Le seul mobilier, vraiment nécessaire pour le jeu, est une dizaine de chaises:  d'allure classique mais moulées dans une matériau contemporain - du polycarbonate transparent.


Dans le même esprit, les costumes s'inspirent de styles divers, du XVIIème au XXIème siècle:

 les personnages les plus conservateurs ont des costumes datés (XVIIème-XVIIIème), les deux personnages de savants/poètes ont des allures datées de même,

mais avec des tissus et des détails d'habillement plus modernes. Quant aux femmes savantes, leurs robes sont résolument plus fluides,

plus émancipées, libérées des contraintes connues du costume féminin de l'époque de Molière: corsets et paniers!

Avec en outre l'apport remarquable des techniques actuelles d'impression de tissus qui permettent tous les motifs,

et même dans ce cas-ci, des références à la science, à l'écriture, et à la peinture.

 

photos du spectacle: Isabelle Daccord

 

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